Bueno nuevo año
Publié le dimanche 30 décembre 2007 à 06:37 { 4 } { Commentaires }

Je tente un petit retour rapide sur cette page... je n'ai que quelques minutes! J'ai aimé recevoir de vos nouvelles et vos voeux, en ce temps des Fêtes, ça me remplit le coeur!

 Quoi que le coeur, ces temps-ci, y est bien présent! Je suis de retour en Bolivie, après presque deux mois, et j'avoue qu'elle me manquait! Déjà en traversant la frontière, le beau bordel, la bouffe qui cuit sur le bord de la rue, je suis allée en manger avec mes doigts! les mamitas dans leur costume multicolore et les bébés dans le dos, autobus inconfortables suivant les routes de terre maganées à l'infini, arrêtant presque jamais pour les toilettes (j'ai du une fois faire arrêter les chauffeur, j'avais tellement envi, que ça me sortait par les yeux! alors j'ai pissé derriére le bus pendant qu'un autre bus passait... j'ai salué le chauffeur en tenant ma jupe avec un gros sourire! Délivrance!!!)

Même à La Paz, la Bolivie est belle. Une famille m'invite pour le jour de l'an... j'ai bien hâte de découvrir!

Si vous ne savez pas, ça brassait fort tout récemment dans ce pays, surtout dans la région de Sucre. Il y a eu d'importantes manifestations, jusqu'à la perte de policiers et de manmifestants. Evo Moralez est au pouvoir et certains ne sont pas d'accord avec ce qu'il veut installé. Informez-vous, je vous en reparle plus en détail plus tard...  Mais ne vous inquiétez pas, ici, tout va bien.

Bientôt, probablement, je reprendrai la route vers le nord du Pérou. J'ai l'impression que ça fait super longtemps que j'y suis allée... Ce sera une redécouverte!

Alors je vous laisse sur ces quelques mots, je vous sens vraiment présents, j'aime ça! Et prenez le temps de vous aimez, autant les uns les autres que vous-même et de profiter de cet air qui gonffle les poumons jusqu'à donner des ailes...

Bonne fin d'année, bon ménage, Bonne Nouvelle Année!!!

Je vous aime  


Un petit mot blanc
Publié le mardi 18 décembre 2007 à 10:20 { 5 } { Commentaires }

J'ai rêvé de mettre mes bottes et mon gros pantalon d'hiver pour aller glisser avec les enfants et plus tard, d'attacher mon board à ces bottes et de m'enfuir dans les sous-bois, me perdre dans la neige qui est tombé sur vos jardins. J'ai aussi rêvé du bout du monde, de l'inconnu, de la différence. Je me suis rendue en Patagonie, ces belles terres du côté argentin et bien que je suis vraiment à l'autre bout du globe, ici, je me sens chez nous. Sauf que les saisons sont inversées et qu'ici c'est l'été! Profitez de l'hiver, de l'air frais qui gèle les narines, de la douceur du mouchoir blanc pour vider ce nez qui se laisse couler par le froid, de s'enmitouffler dans les gros manteaux, puis les couvertures, sur le bord du foyer, et prendre un breuvage chaud en sentant le corps qui se réchauffe, puis se coller sur les gens qu'on aime pour encore mieux se tenir au chaud, et de mon côté, je profite de ce voyage, de ce bout du monde et je vous rammènerai un peu de ces détails qui font la différence...

Bon hiver!!!

 


Hasta Luego Amiga
Publié le jeudi 15 novembre 2007 à 06:36 { 5 } { Commentaires }

Ben oui, ce jour la arrive un jour, meme si on tente de le repousser, ou de ne pas trop y penser, parce qu'il est a l'origine d'un gros changement, d'un petit vide temporaire. Mais laisse moi te dire en quelques lignes les bonheurs qu'on a construit en deux mois.

De bonnes connaissances on a passé a soeurs, de petites faiblesses physiques on est devenue endurance et de genées, on s'est déniaisée. Tout ce qu'on a vécu ensemble en deux mois vaut plus que deux années endormies, et ce n'est pas fini, non, je crois que c'est le commencement d'une longue et solide relation. De l'exaspération aux fous rires éternels, on aura la, comme on le sent, comme on est. On a contribué a maintenir la réputation des québécois locos! VIVA EL QUEBEC LOCO! Et on aura réussi a le soutenir comme un pays libre... a son image.

Voyage d'Amour par Amour on est tombée amoureuse de  chaque endroit, de chaque rencontre, de chaque bracelet(!). On a vu la lumiere ou on passait, on l'a créé quand il en manquait, on a donné et tant recu, on s'est mise a nue.

Je te regarde coucher dans ta lumiere, sous ta couverte de la Baie James et une nostalgie m'émeut. Mais en meme temps, c'est un cadeau pour moi, et ta présence et ton départ, car c'est ce dont j'ai besoin de vivre pour continuer a grandir, a me reconnaitre. Apprendre a vivre seule. Partout. Je suis. Tu es. Nous sommes. Ca fait une belle écuation. Alors vas retrouver tes Amours, encore plus pure, encore plus vraie. Aime toi, aime les, et ramene au Québec les richesses qu'on a cueillies ici, qu'elles se propagent dans les maisons et dans les coeurs.

Merci pour tout ces moments, des instants magiques aux dures réalités, merci d'avoir marché pres de moi et de continuer a le faire, merci pour ce partage, ce don, cette ouverture, cet enseignement, cet équilibre, cette solidarité, cet Amour.

Qu'on soit vers le nord ou vers le sud, l'aventure se poursuit, s'identifiant de plus en plus a nous-memes personnellement, elle devient une raison de vivre. De vivre, pour vrai, sans masque ni semblant.

Alors je suis simplement moi et je te dis

JE T'AIME

et

MERCI

xxx 


Come As You Are...
Publié le vendredi 9 novembre 2007 à 09:05 { 3 } { Commentaires }

Il me semble que ca fait longtemps...

J'aimerais écrire la  Bolivie a la hauteur de ce qu'elle est, mais au fond, je l'ai si peu vue    que je ne peux me risquer a en parler simplement, un peu a la légere. Parce qu'au fond,  j'connais pas l'nom des étoiles dans son ciel ni des rivieres ni des oiseaux. Honte a moi la-bas j'connais pas l'chemin qui faudrait prendre pour s'rendre a Sucre. J'connais pas la couleur d'un bill de 20. J'connais mëme pas le nom du village voisin. J'connais rien. Mais y va toujours y avoir des enfants boliviens. Y va toujours y avoir un feu de foyer pour faire a manger. Toujours y avoir du fleu ve sur l'Rio Beni. Tu peux pas changer ca... change le pas. Mais vas-tu toujours y avoir de l'eau pour leur toilettes? Vas-tu toujours y avoir quelque c hose en moins quand tout  ce qu'ils ont c't'une tranche de ´pain? Quand l'autobus arrive moi j'sais d'oú cé qui vient. Y'en a qui ont tout mais la Bolivie est bien. Change pas son bonheur. (J'écris comme ca parce que la toune de Desjardins joue en meme temps...)

En Bolivie, j'ai mangé tout ce que je ne mangeais pas au Québec.    J'ai meme bu de la liqueur (l'eau est plus rare que du soda) et de l'Ayawaska. ET j'ai mangé pour trois.   J'y ai vu des enfants tellement simples et tellement heureux et j'ai rencontré des gens de la-bas, des gens de partout ailleurs, plein d'énergie, de belles paroles, des échanges tres riches. La Bolivie me donne envie d'y retourner, de la connaitre en profondeur, de la  recevoir, de lui donner ce que j'ai de meilleur. Un mois, ca ne sera jamais assez. J'y suis allée as I am  et j'y retournerai as I'll be.

Vers le sud, a Uyuni, pres de la frontiere chilienne, on s'est payé un 3 jours de 4x4  dans  des décors incroyables avec Nadia, Martin et 3 polonais sérieux et tres rigolos a la fois. D'abord le salar de Uyuni, une mer de sel ou tout est blanc et salé. C'est merveilleux. Puis des vieux volcans, des  lacs rouges, verts et bleus, des eaux thermales, des geysers.

En revenant de ce trip ou les photos se sont multipliées, on a traversé directement en Argentine.  Puis directement a Puerto Iguazu, completement a l'est, a la jonction des frontieres du

Et l'Argentine... WOO!         quelle différence culturelle. Des épiceries géants, du papier de toilette dans oles toilettes et des toilettes publiques gratuites, du café qui goute plus que de l'eau, des autobus d'un confort que j'avais  oublié que ca existait, des voitures récentes á la tonne, autant de déchets par terre par contre, mais des gens, des gens toujours aussi accueillants, aussi chaleureux, aussi intéressés et intéressants.

On est allé dans le parc   pour assister a un spectacle naturellement impressionnant. Des rivieres énormes se croisent  et des gallons et des gallons d'eau se déversent dans le vide depuis bien des siécles. Les cataratas tombent de haut, elles ne finissent jamais. Les photos ne sauraient reproduire leur ampleur.

Voila pour l'instant, en gros,ce qui se passe ces derniers temps . Les choses s'apretent a changer...        Je m'aprete a prendre quelques kilos de plus dans ma vie...!!!

Les photos s'en viennent...   La Bolivie et le Pérou m'ont appris la patience et le voyage a  faire  seulement ce que je veux reellement et en ce moment... l'écran me fatigue et je n'ai pas envi de prendre le temps de mettre des images. Patience!!!

xxx      

 


Regroupement international de la francophonie en amazonie
Publié le lundi 29 octobre 2007 à 10:32 { 6 } { Commentaires }

Des photos sont disponibles sur le blog à Vicky. Peut-être que j'en mettrai aussi bientôt... QUISÀS!

Pour Princesse, Chevalier, Xavier et Bella!!!! 

Rurrenabaque, bassin amazonien, Bolivie

La route de terre se couchait sur la montagne, suivant la trace de ses courbes et ses dénivellations. La Paz pouvait bien rester loin derrière,la végétation faisait surface et animait en nous le désir de purifier nos poumons. Et si l'air subissait une transformation de qualité, la chaleur en devenait plus pesante, plus collante, surtout pendant le trajet d'autobus de 17 heures, prise entre deux personnes et les fenêtres ouvertes donnaient non seulement accès à un courant d'air, mais également à la poussière. On s'enfonçait dans la jungle jusqu'à 4 heure du matin.

À peine avions-nous quitté nos deux amis que déjà nous fesions la connaissace de Xabi (on le prononce Chaby), un français de Toulouse, Fabien et Mathias, originaire de la Suisse, bien que Fabien soit encore confu à ce propos. Avec eux nous débarquions à Rurrenabaque et trouvions l'hotel Jislene très abordable et bien sympatique sur les rives du Rio Beni. Une montagne se valorisait dans le levé du soleil rosé, alors qu'un singe miniature admirait le panorama. Au-dessus de notre chambre s'amusait un perroquet vert aux dessous d'ailes rouges et une araignée de bonne taille et bien poillue, deux pattes en moins, jouait au voyeur dans un coin de la douche.

Et comme je le disais, la ville pouvait bien rester loin derrière; ici, le bruit réside dans les enfants et les animaux. À vous d'imaginer le calme, alors que je composais quelques mots depuis le hamac jaune, sous une température tropicale, à regarder l'eau suivre son cour.

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El Parque Madidi 

Nous sommes arrivés par la voie fluviale dans mon Afrique Sud Américaine. Le bassin amazonien s'étendait devant nous et Vicky, bien accrochée à la barque,  daignait s'enfoncer les pieds dans le sol marécageux. Sa force lumineuse l'aidait malgré elle et nous entrions, aventureuses et courageux, dans la forêt de bamboux au plancher coussiné. À la croisée du ruisseau vasqueux, nous enfilions nos souliers à nos mains et le traversions non sans avoir recours à la poussée aux fesses afin de mettre en mouvement les jambes à Vicky. Le coup en valait la peine, car de l'autre côté nous acceuillaient des centaines de papillons qui, de leur jaune et leur blanc, tournoyaient autour de nous. La danse a duré si longtemps qu'à un certain moment je me sentais soulevé de terre. En me retournant, j'ai même vu mon amie grandir de quelques centimètres.

Une première journée au centre de la jungle est un peu comme une initiation. C'est du moins ce que nous transmettait verbalement Eloid, notre guide. D'ailleurs, les mouches et les moustiques pourraient servir d'épreuves à eux-seuls, tellement ils s'imposent sur notre corps. Mais les surprises à venir étaient d'autant plus initiatiques que les simples bêtes volantes (sans vouloir les dénigrer).

Oh cette jungle, cette forêt, que j'aime y entrer et la contempler. Que j'aime y sentir l'air, dans toute son humidité et la toucher jusqu'à la sève. Que j'aime l'écouter jusque dans ses silences inquiétants, entre les cris inconnus et les chants harmonieux. Puis les arbres grimpent vers le ciel et s'entortillent les uns sur les autres, comme s'ils voulaient se laisser fondre dans la chair de l'arbre aimé. Parfois une liane se courbe sur un axe circulaire géant et, parcourant des distances sans fin en s'accrochant à d'autres, elle forme un labyrinthe qu'emprunteront les plus curieux.

Les plus quoi?

Ben ouais, les plus curieux! Ceux qui font partie de notre catégorie! Ceux qui s'enfoncent aveuglément dans une aventure aux apparences banales et aux résultats paranormaux.

Le trek aurait très bien pu se passer naturellement; des petites anecdotes à raconter, quelques sursauts et des peurs surmontées. Malgré tout, notre histoire a commencé par les gestes les plus anodins du monde. Eloid avait une machette: un long couteau de boucher dont il maniait avec aisance. Vicky s'est trouvée une machette; une branche cassée qui sommeillettait par terre. Je trouvais l'idée bonne alors je choisis la première branche, ordinaire, qui me passa sous la main. Devant une des lianes aux grands cercles dessinés dans les airs, je m'arrêtais, éblouie. Puis le baton au bout des doigts, comme une enfant, je suivais du contour le parcours de la liane. Lorsque j'atteingnais la fin de la trajectoire, la suspension du temps et des choses remplissaient l'espace et une légèreté me ravivait l'esprit. Une transformation avait eu lieu; elle était subtile mais tout de même perceptible avec un peu d'attention. Elle n'en reste pas moins indescriptible.

Les sons s'amplifiaient, devenant plus prononcés, plus facilement reconnaissables. Un peu le même effet qu'en écoutant une chanson instrumentale dans des écouteurs. Je rejoignais la troupe et Fabien, à l'arrière, se mélangeait les pieds avec une quantité disproportionnée de lianes au plancher. Mon coeur me dictait d'aider ce pauvre homme, si bien qu'en me penchant, j'appuyais la main sur un arbre dépourvu d'écorses. Aussitôt, cette main était envahie par une colonie surpeuplée de fourmils oranges. Se mettre la main sur le feu engendre un résultat moins douloureux. Pendant ce temps, Fabien en panique maudissait la colonie. Ah mais il faut imaginer ce type, en train de jurer avec cet accent suisse et de gesticuler comme s'il me faisait des signaux à dix kilomètres au loin. Faudra nous calmer si nous voulons en sortir. Voilà ce que nous avons fait. Mes morsures diminuaient, la tension des lianes s'allégeait, ce qui nous permettait de libérer Fabien de sa prison. Ce duo que nous étions courait pour rattrapper les autres. Le guide abattait un arbre avec force (et aussi avec sa machette); une grosse liane bien courbée. Il prenait la bûche qu'il avait sectionné, la renversait de côté et un liquide transparent s'échappait de l'extrémité. Eloid nous disait de boire, demande à laquelle nous répondions sans hésitation. Du coup, je ne sentais plus la douleur à ma main et toutes les marques de piqûres d'insectes avaient disparu. Ma soif également. Agua de la Curaciòn (Eau de la Guérison).

Remis à neuf, nous poursuivions à travers arbres et animaux sans incident. Nous trouvions l'endroit pour fabriquer notre campement. Vicky s'assurait d'abord qu'il n'y ait pas de tarantules ou d'autres bestioles susceptibles de nous faire sursauter. Nous nous sommes servis de quatre arbres disposés en un parfait rectangle sur lesquels nous avions couché quatre troncs supplémentaires. Nous récoltions de gros bamboux déjà séchés au sol pour former les murs, laissant une ouverture pour la porte et une pour la fenêtre. Nous fabriquions un toit en pente en feuilles de palma, les serrant suffisament de sorte à ne point laisser l'eau circuler entre elles. Nous nous confectionnions des matelas bien mous à l'aide de différentes feuilles d'arbres. Puis nous nous servions des fines et parfaites lianes qu'avait cueillies Mathias afin de recouvrir nos deux ouvertures. Bien sûre, bien sûre, nous avions transporté nos moustiquaires, histoire de dormir l'esprit tranquil. Merci Vicky pour ce conseil! Nous avons veillé autour du feu, le même qu'avait utilisé Eloid en nous concoctant un repas copieux et lorsque la nuit atteignait son apogée, nous nous sommes promenés au clair de la pleine lune, dans cette forêt vierge et mystérieuse. Des points lumineux nous épiaient derrière les buissons et les arbres alors que notre coeur combattait pour maintenir un rythme normal.

Le lendemain matin nous cherchions notre guide et nous en concluions qu'il recherchait lui-même de quoi nourir son troupeau. Hélas l'avons attendu longtemps et la faim finissait par nous gagner. Une petite heure de pêche s'avérait une bonne solution pour contrer notre appétit.

Pour l'excursion Mathias s'est improvisé guide et son devenait Jaime. Nous longions donc quelques grands détours avant d'arriver au point désiré de la rivière. Bien que ses talents de guide étaient mis en doute, il nous a émerveillé de ses talents de pêcheur. Il attrapait de ses mains le premier poisson qui allait servir d'appât pour attrapper les autres.

Xabi s'est bien occupé de nous ramener des gros poissons, assez énormes pour nourrir un groupe de dix gourmands. Fabien, tant qu'à lui, première expérience dans le domaine, avait recours à la chance du débutant et sortait de l'eau un poisson plat de taille impressionnante. L'espèce aurait pu ressembler à une raie, si ce n'était ses lignes orangées qui lui courbaient le dos et l'excédent de ses yeux en forme de billes violettes. Jaime lui a coupé la queue d'un coup de couteau. < Pourquoi? > Je ne pouvais pas croire. Un si beau poisson. < Sa queue est-elle vénimeuse telle une raie? > demandait Vicky, contaminée par l'accent français de nos amis. Mais Jaime avait reçu le pouvoir de son nom et son statut de guide était assumé à pleine capacité. Ainsi, il en avait déduit que sa queue, à défaut d'être vénimeuse, comportait des caractéristiques magiques. En buvant de son jus, on obtient un résultat surréaliste. Mais lequel? Jaime enveloppait la chose précieuse à l'intérieure d'une feuille et nous remontions au campement.

Le feu était déjà prêt pour la cuisson et de l'eau mijotait alors que personne occupait les environs. Eloid, nous pensions. Sans doute était-il revenu. Mais pourquoi disparaissait-il toujours? Nous lui laissions le temps de revenir, le temps du petit déjeûner, qui d'ailleurs quémendait beaucoup de patience, mais Eloid ne donnait point de nouvelle.

Nous n'allions pas attendre toute la journée...

Nous nous sommes équipés pour l'aventure. La machette à Jaime et la queue de poisson, le courage chevaleresque de Fabien, nos machettes, à Vicky et moi et l'appareil photo à Xabi. Ensemble, nous allions affronter la jungle. Non. Pardonnez-moi. Ensemble, nous allions contempler la jungle. Au pire, la découvrir. Au mieux, nous découvrir.

Notre nouveau guide nous a fait défaut à quelques reprises par son obsession à cueillir les belles et fines lianes pour en confectionner de jolis accessoires pratiques. Fabien avait cette tendance à toujours passer dans les toiles d'araignées. L'une d'entre elles s'est fâchée et lui a sauvagement sauté au visage. Le pauvre, innocent de toute méchanceté, l'a pris avec ses mains et l'a lancé sur le sol. Je voyais bien les frissons qui lui parcouraient le corps par la suite et il faisait bien attention de ne pas reproduire l'évènement. Cet épisode l'avait transformé. Dorénavant, il s'imaginait chevalier et nous le croyions par sa conviction. Nous l'encouragions aussi. Xabi, en retrait à photographier, a connu sa part de belles histoires. Il prenait comme sujet un criquet gros comme un gros crapeau de l'amazonie, posé sur la verdure d'une feuille au soleil. Suivant l'évolution de la technologie, il observait le résultat de l'image à partir de son appareil. Une surprise le saisissait par les reins alors qu'il se voyait au côté du criquet, dans la même dimension numérique que son sujet de bas. Il a failli échapper son Canon, mais un spasme rationnel lui a évité un bris. Il voulait bien partager son angoisse avec nous, mais nous ne voyions que le criquet. Xabi avait-il aussi changé en quelque part au fond de lui même. Il était encore trop tôt pour expliquer en mots la transformation.

Plus loin, nous avons rencontré une marre d'alligatores que nous franchissions peids nus. Si Vicky en mourait de peur, elle n'en laissait rien paraître. À peine avions-nous séché que nous arrivions à une seconde marre. Beaucoup plus grande que la précédente et beaucoup moins attirant d'y baigner les pieds. Omis des alligatores, nous apercevions des anacondas serpenter entre l'eau et la rive. Nous avons voté en faveur du tronc d'arbre, disposé de bord en bord. Il était si mince qu'il fallait avoir recours à un sens de l'équilibre hors paire. Jaime nous dénichait un baton qui devait nous servir d'allié pour la traversée. Étant la cadette, j'étais choisie pour vaincre l'épreuve la première. Ça roulait à cent kilomètres par heure en dedans et je devais absolument me calmer. Grandes respirations et appel à ma lumière, je mettais un pied devant l'autre jusqu'au bout où le poids du monde semblait enfin redescendre. Je balançais le baton à Vicky et priais pour qu'elle me retrouve au plus vite. Elle a débuté par le même rituel et a emjambé le long et étroit pont. Au trois quart, un anaconda noir taché jaune réussissait à prendre enm otage l'allié et il déconcentrait mon amie. Il se tortillait autour du baton en prenant une expansion fleurissante. Vicky, au risque de tomber, a lâché la branche  d'équilibre qui émettait un vacarme sonore au contact de l'eau. Le serpent, lui, ne lachait pas prise et insistait afin de récupérer sa proie. Je courais à la recherche d'un nouveau baton, tout en encourageant Vicky à poursuivre sans se laisser abattre par un reptile. Jaime, fidèle à son titre, s'élançait à la rescousse. La langue de la bête effleurait la cheville de ma copine. Celle-ci en a perdu ses moyens et a trébuché dans la marre. Jaime a réussi à attraper le serpent par la queue, qu'il cesse toute activité nuisible. Vicky agrippait le baton que je lui tendais et se vautrait sur la terre ferme, sans plus de dommage, excepté peut-être une légère transformation à un niveau encore inconnu. Jaime, lui, était en extrême combat. Au moment où Fabien a mis un pied sur le tronc pour aider son frengeun (je ne sais pas comment ça s'écrit...), celui-ci a fendu et s'est effondré. C'est peut-être ce qui a sauvé la vie à Jaime, car il avait un instant de répit et il pouvait prendre l'anaconda long de 15 mètres par le cou. Sa machette était restée sur la rive. C'est alors que nous y pensions tous en même temps: < LA QUEUE! Utilise la queue du poisson! > L'idée n'aurait pu être mieux choisi. D'une main, Jaime fouillait dans sa poche te récupérait la feuille qu'il déballait aisément. Il pressait le jus dans la gueule de son adversaire. Le temps, encore une fois, les choses se suspendaient. L'attente. Le suspense. Puis l'anaconda se dissipait rapidement. Il retournait à la terre. La queue aussi. Nous trouvions une liane d'eau pour guérir les blessures qu'avait subies Jaime. Surexcités par les évènements, nous avons poursuivi. Je comprenais ce qu'il y avait de nouveau au bout de mes bras: ma machette! Lorsque je la glissais le long d'une feuille de palma, une musique en résultait, une gamme en do, une en ré, chacun son tour. Elle me dictait aussi toutes les lianes qui contenaient de l'eau, m'avertissait en cas de danger, traduisait tout dans n'importe quelle langue et montrait le chemin à suivre.

Xabi, qui se barrait constamment les pieds ou recevait une branche à la figure, s'est fait une entorse à la cheville en essayant de photographier et d'avancer en même temps. Un peu lourd à porter, il a d'abord sautillé. Mais sa cheville enflait et l'eau de la liane n'arrivait pas à guérir cette blessure particulière. Fabien a été le maître de la situation: < Je suis chevalier après tout! >. Il a donc appellé son géant perroquet bleu et rouge. Celui-ci arrivait à vive allure, dans toute son imposante volubilité. Nous cinq émerveillés, cloués au sol. Nous pouvions tous monter sur le dos de l'oiseau, à l'exeption de Jaime qui a été pris par les pattes.

Au campement, les garçons ont débarqué Xabi et je me dépêchais à récupérer la trousse de premiers soins (qui s'avère inessentielle en pleine jungle...). Nous avons soudainement entendu tous les sons de la jungle dans une même cacophonie, à un puissant volume. La terre, ébranlée, vibrait quelques secousses et le vent se déchaînait en un tourbillon jusqu'à en perte toute visibilité. Puis l'acalmie s'est installée et je recherchais Vicky. Je voyais le perroquet, tranquil, comme si rien ne s'était produit. Puis, tout près, une Vicky transformée. Elle avait l'apparence d'une princesse et ses agissements confirmaient ce physique. Elle ne semblait point nous connaître et guérissait pourtant la cheville à Xabi.  Elle a embrassé le perroquet, dans une profonde reconnaissance, puis elle nous a parlé. Sa voix ne ressemblait guère à celle de mon amie. Elle affirmait s'appelé Selva (qui est la jungle, ou la forêt en traduction française). Pourtant, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu Vicky boire de l'Ayawaska... Ensuite, elle marmonnait des paroles incompréhensibles. Inévitablement, Fabien en est tombé éperdumment amoureux. Oh, Jaime aussi, et il tentait en vain de le cacher. La princesse appellait un jaguar qui débarquait tout joyeux à ses côtés. Fabien s'en approchait et, ne voulant la laisser partir, il lui a fait une déclaration d'amour, mais une des plus touchantes qui a franchi mon oreilles. J'en ai presque versé une larme (si c'était un film, c'est sûre que je pleurais). Et la belle lui a répondu: < Oh honnête chevalier, ton coeur te guide. Je sais que ton amour est véritable, voilà la raison de ta présence ici. Je suis la forêt, cette jungle réunie dans ce corps, votre magie m'a appelé, mais je ne peux rester éternellement... > Et la princesse Selva filait sur son jaguar, laissant une nouvelle passion dans ces deux coeurs. Puis le cycle a recommencé: les sons, le vent, les tremblements et Vicky a réapparu telle qu'elle est, telle que je l'aime.

Nous y passions quelques jours, sans revoir le guide Eloid, à se débrouiller pour manger et pour boire et à être, tout simplement. J'ai développé mon sens musical grâce à la machette. J'avais une famille de singes comme spectateurs. Xabi a pris d'excellentes photos de paysages, d'animaux et de nous. Des photos qui parlent, qui déclarent des états d'âmes, des peines, des bonheurs, un peu comme si elles lisaient dans les pensées. Fabien a apprit à piloter un perroquet sans limite: tête en bas, passage rapide sur le côté, récupérer une amie qui tombe de haut avant qu'elle atteigne le sol. Ils étaient vraiment beau à voir ces deux là! Deux enfants! Jaime est devenu est guide expert. Il connaissait maintenant la forêt jusqu'au bout des feuilles: les noms de toutes les plantes, leurs origines, leurs utilités. Il savait où et quand trouver tel animal et apprêtait le poisson comme un chef cuisinier. Vicky, parmi toutes ses activités, elle a apprivoisé un bébé jagua qu'elle compte bien monter un jour. Leur complicité n'aurait pu être plus aparente.

La jungle nous appartenait!

Lorsque nous sommes retournés au camp de base, à l'entrée,  nous avons vu Eloid, premier guide, qui nous accueillait d'une expression satisfaite, un peu comme si nous avions passé l'ultime test!   

 

suite à suivre....      


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